Le diabète gestationnel fait partie des complications relativement fréquentes de la grossesse. Il correspond à une augmentation du taux de sucre dans le sang, ou glycémie, qui apparaît ou est découverte pendant la grossesse. Souvent silencieux, il nécessite pourtant une surveillance particulière afin de limiter les risques pour la mère comme pour le bébé. Alors, pourquoi survient-il, comment le détecter et disparaît-il après l’accouchement ?
Le diabète gestationnel peut apparaître pendant la grossesse sans provoquer de symptômes. Tout ce qu'il faut savoir !
Qu’est-ce que le diabète gestationnel ?
Pendant la grossesse, le corps de la future mère connaît d’importants changements hormonaux. Certaines hormones produites notamment par le placenta diminuent progressivement l’efficacité de l’insuline, l’hormone chargée de réguler le taux de glucose dans le sang. On parle alors d’insulinorésistance.
Pour compenser, le pancréas doit produire davantage d’insuline. Chez certaines femmes, cette production supplémentaire ne suffit pas : la glycémie devient alors trop élevée et un diabète gestationnel apparaît. Il survient généralement au cours de la deuxième moitié de la grossesse.
Toutes les femmes enceintes peuvent être concernées, mais certains facteurs augmentent le risque : âge maternel élevé, surpoids ou obésité avant la grossesse, antécédents familiaux de diabète de type 2, précédent diabète gestationnel ou encore naissance antérieure d’un bébé de poids élevé.

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Quels sont les symptômes du diabète gestationnel ?
C’est justement l’une des particularités de cette affection : le diabète gestationnel ne provoque généralement aucun symptôme évident. La femme enceinte peut donc se sentir parfaitement bien. Dans certains cas, une soif importante, des envies fréquentes d’uriner ou une fatigue peuvent apparaître. Mais ces manifestations étant également courantes pendant une grossesse normale, elles ne permettent pas à elles seules de poser un diagnostic.
C’est pourquoi le dépistage du diabète repose sur des analyses de la glycémie, proposées notamment aux femmes présentant des facteurs de risque. Selon la situation, une hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) peut être réalisée, généralement entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée.
Quels sont les risques pour le bébé ?
Lorsque le taux de glucose maternel est trop élevé, davantage de glucose traverse le placenta. Le bébé produit alors plus d’insuline pour réguler sa propre glycémie. Cette situation peut favoriser une croissance fœtale importante et notamment une macrosomie, c’est-à-dire un poids de naissance particulièrement élevé.
Un bébé volumineux peut rendre l’accouchement plus difficile et augmenter certains risques obstétricaux. Après la naissance, le nouveau-né peut également présenter une hypoglycémie transitoire, car son organisme continue momentanément à produire beaucoup d’insuline alors qu’il ne reçoit plus le même apport de glucose maternel.
Attention toutefois à un raccourci fréquent : avoir un diabète gestationnel ne signifie pas automatiquement que l’on donnera naissance à un très gros bébé. Une prise en charge adaptée permet justement de réduire les risques.

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Quels sont les risques pour la mère ?
Le diabète gestationnel est notamment associé à un risque accru de certaines complications de grossesse, dont l’hypertension artérielle et la pré-éclampsie. La probabilité d’un déclenchement du travail ou d’une césarienne peut également être plus importante selon la situation obstétricale.
À plus long terme, avoir présenté un diabète gestationnel constitue aussi un facteur de risque de développer ultérieurement un diabète de type 2. Une surveillance après la grossesse et au cours des années suivantes reste donc importante.
Comment traite-t-on le diabète gestationnel ?
La prise en charge commence généralement par une adaptation de l’alimentation et, lorsque la grossesse le permet, par une activité physique régulière. Il ne s’agit pas de supprimer tous les glucides ni de suivre un régime drastique pendant la grossesse, mais plutôt de mieux répartir les apports alimentaires afin d’éviter des hausses trop importantes de la glycémie.
La future mère peut être amenée à contrôler elle-même sa glycémie plusieurs fois par jour grâce à un lecteur. Si ces mesures ne suffisent pas à maintenir les valeurs dans les objectifs fixés par l’équipe médicale, un traitement par insuline peut être nécessaire.
En parallèle, la croissance du bébé et le déroulement de la grossesse peuvent faire l’objet d’une surveillance renforcée, adaptée au niveau d’équilibre du diabète et aux éventuels autres facteurs de risque.
Le diabète gestationnel disparaît-il après l’accouchement ?
Dans la grande majorité des cas, la glycémie revient à la normale après la naissance, lorsque les hormones placentaires responsables de l’insulinorésistance disparaissent. Cela ne signifie cependant pas que l’épisode doit être complètement oublié.
Un contrôle de la glycémie est recommandé après l’accouchement afin de vérifier le retour à la normale. Par la suite, une surveillance régulière est utile, car les femmes ayant connu un diabète gestationnel présentent davantage de risques de développer un diabète de type 2 et d’avoir de nouveau un diabète gestationnel lors d’une prochaine grossesse.

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Peut-on avoir un diabète gestationnel en étant mince ?
Oui. Le surpoids constitue un facteur de risque, mais il n’est absolument pas indispensable pour développer un diabète gestationnel. Une femme mince et sportive peut elle aussi être concernée.
La grossesse provoque naturellement une résistance croissante à l’insuline. La capacité du pancréas à compenser cette évolution dépend de nombreux facteurs, notamment de la prédisposition génétique, de l’âge ou des antécédents personnels et familiaux. Le diabète gestationnel ne doit donc pas être résumé au poids ou à l’alimentation de la future mère.
Le diabète gestationnel est généralement temporaire, mais il mérite d’être pris au sérieux. Parce qu’il évolue souvent sans symptôme, son dépistage est particulièrement important chez les femmes présentant des facteurs de risque. Une fois diagnostiqué, une alimentation adaptée, une activité physique lorsque celle-ci est possible et un suivi de la glycémie permettent le plus souvent de maintenir la situation sous contrôle. Et même lorsqu’il disparaît après l’accouchement, il reste un signal à prendre en compte pour la santé future de la mère.






