Pendant longtemps, certaines femmes ont entendu cette phrase juste après leur accouchement : « On va rajouter un point pour le mari. » Une remarque parfois prononcée sur le ton de l’humour… mais qui cache en réalité une pratique aujourd’hui très controversée : le « point du mari« .
Contrairement à ce que certains imaginent encore, ce phénomène n’est pas un mythe inventé sur internet. Des témoignages de patientes, de sages-femmes et même d’anciens professionnels de santé ont confirmé l’existence de cette pratique dans certaines maternités par le passé. Aujourd’hui, elle fait partie des violences obstétricales, mais est-ce qu’elle se fait encore en 2026 ?
Sommaire :
Qu’est-ce que le « point du mari » exactement ?
Le « point du mari » désigne un point de suture supplémentaire à l’entrée du vagin qui aurait parfois été réalisé après un accouchement vaginal, notamment après une épisiotomie ou une déchirure du périnée. L’objectif supposé ? « Resserrer » l’entrée du vagin afin d’augmenter le plaisir sexuel du conjoint après la naissance.
Le problème, c’est qu’un tel geste n’a aucun intérêt médical pour la femme. Au contraire, il peut entraîner :
- des douleurs pendant les rapports ;
- des sensations de tiraillement ;
- une gêne durable ;
- ou des complications liées à une cicatrisation trop serrée.
Aujourd’hui, cette pratique est largement dénoncée comme une forme de violence obstétricale lorsqu’elle est réalisée sans consentement.

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Oui, cette pratique a réellement existé
Sur ce point, il y a peu de doute sérieux aujourd’hui. Pendant des décennies, le sujet a été minimisé, tourné en dérision ou considéré comme une “blague médicale”. Pourtant, de nombreux témoignages concordent.
Certaines femmes racontent avoir entendu des remarques explicites en salle d’accouchement. D’autres décrivent des douleurs anormales après la suture. Des sages-femmes et médecins ont également reconnu que cette expression circulait réellement dans certains services.
Ce qui est plus difficile à prouver, en revanche, c’est la fréquence exacte de cette pratique. Toutes les douleurs post-partum ne signifient pas automatiquement qu’un “point du mari” a été réalisé volontairement. Tout comme une cicatrice mal réparée, une suture trop tendue ou des complications de cicatrisation qui peuvent déjà provoquer des douleurs importantes. Une chose est sûre, on ne peut pas nier totalement l’existence du phénomène au vu des témoignages accumulés.
Est-ce que cela se fait encore aujourd’hui ?
C’est là que le sujet devient plus flou. Officiellement, non : aucune recommandation médicale n’encourage cette pratique aujourd’hui. Elle n’est pas enseignée comme un geste normal dans les formations modernes. Les protocoles actuels visent au contraire à réparer correctement le périnée pour préserver la santé, le confort et la récupération de la patiente.
Mais cela ne veut pas forcément dire que le problème a totalement disparu. Des témoignages récents continuent d’émerger, y compris dans les années 2020. Certaines femmes disent avoir entendu des remarques similaires pendant leur accouchement ou soupçonnent une suture excessivement serrée après la naissance.
La différence, c’est qu’aujourd’hui, le sujet est beaucoup plus surveillé qu’avant. Les violences gynécologiques et obstétricales sont davantage médiatisées, les patientes parlent plus facilement, et les pratiques médicales sont plus encadrées. Autrement dit : si cela existe encore, ce serait aujourd’hui marginal, non assumé et contraire aux recommandations médicales modernes.

Pourquoi ce sujet continue autant de choquer ?
Le “point du mari” choque parce qu’il touche directement à l’intimité, au consentement et à la manière dont le corps des femmes a parfois été considéré pendant des décennies. L’idée qu’un geste chirurgical puisse être réalisé dans l’intérêt supposé du partenaire plutôt que dans celui de la patiente reste extrêmement violente pour beaucoup de femmes.
Le sujet met aussi en lumière une réalité plus large : pendant longtemps, la douleur féminine a souvent été minimisée en médecine, notamment autour de l’accouchement et de la sexualité. Aujourd’hui encore, certaines femmes hésitent à parler de douleurs post-partum ou mettent des années avant d’oser consulter.
Vidéo bonus avec les explications de Camille Aumont Carnel
Le « point du mari » n’est pas une légende urbaine : cette pratique a bien existé dans certains contextes médicaux. La vraie interrogation aujourd’hui porte surtout sur sa persistance éventuelle. Même si elle n’est plus reconnue ni enseignée officiellement, des témoignages récents montrent que le sujet n’a pas totalement disparu des débats autour des violences obstétricales et du consentement médical.






